Spectatif

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Opéra: The Jukebox Opera

-Un récital intéressant, sympathique, accessible et très bien chanté.
8/10

Une bonne idée que ce chouette récital d'airs célèbres (mais pas que) d'opéras et d'opérettes. Iconoclaste, cocasse dans sa réalisation et d'une très haute qualité musicale. Sur le principe du Juke Box qui joue un disque à la demande, une quarantaine d'airs sont prévus et soumis à la sélection du public. L'ambiance est conviviale mais préserve l'écoute, la découverte et le plaisir sans toucher à la qualité de la musique. Ludique à souhait, le déroulement et ses procédés rendent accessibles des morceaux de choix à un public qui peut être averti ou non, ravi de toute évidence d'avoir retrouvé ou découvert un répertoire musical trop peu joué. L'argument est audacieux et malin mais mériterait d'être plus écrit pour devenir autre chose que des enchainements joués, parfois maladroitement, entre les airs. Heureusement la musique vocale est merveilleusement donnée par une chanteuse et un chanteur en verve et en voix, accompagnés d'un pianiste fougueux et bon technicien mais dont la musicalité exigeante des réductions d'orchestre n'apparait pas suffisamment. Alexandra Matloka est une soprano lirico-spinto émouvante, à la voix chaleureuse et puissante qui sait devenir câline, veloutée ou espiègle. Michael Pinsker est un baryton, à la voix tonique et chaude, donnant aux partitions une vibrante émotion. Deux excellents chanteurs lyriques. Un récital intéressant, sympathique, accessible et très bien chanté. Parfait pour faire connaitre l'opéra et en savourer les airs emblématiques. Un spectacle que je conseille pour toutes et tous, petits et grands, connaisseurs ou découvreurs.
# écrit Hier à 14h08


Comédie: Le Jardin d'Alphonse

-Une sympathique petite comédie estivale.
7/10

Une sympathique petite comédie estivale aux charmes convenus des histoires de famille nourries de secrets, de révélations et de leurs rebondissements. Tous réunis dans le jardin du grand-père Alphonse, enfants, petits-enfants et amis vont savoir enfin sans l'avoir demandé qui est qui et qui a fait quoi dans cette famille. Un méga grand jeu de " la vérité, si je mens, je ne mange plus chez Mamouche " ! C'est drôle et c'est gentil, c'est moqueur le temps d'en rire et ça fonctionne du feu de dieu(x). Oui bon, faut voir la pièce pour le pluriel. Le public est hilare tant il s'amuse. Certains-mêmes commentent comme s'ils étaient devant la télé du salon, un jour de rediffusion des épisodes 1 à 30 de Plus Belle la Vie. C'est rigolo aussi !... Le texte est adroitement écrit par Didier Caron selon les recettes efficaces et éprouvées du café-théâtre et de la comédie sentimentale. La cadence des traits et des répliques est parfaitement dosée. Les formules font mouche tellement elles sont bien ficelées, parfois avec de gros bouts. La mise en scène de l'auteur et de Véronique Viel sert le texte avec fluidité et une forme d'élégance esthétique qui surprend et ravit. La distribution nombreuse et équilibrée raconte cette histoire avec finesse et engagement. Une sympathique petite comédie estivale.
# écrit Il y a 1 semaine


Comédie: Tout le monde peut se tromper

-À voir pour le plaisir de rire.
7/10

Une comédie d'été façon pochade, drôle et bien jouée. La pièce de Carole Greep et Guillaume Labbé repose sur la verve et la truculence d'un texte ciselé, aux réparties adroites et efficaces. L'argument sur le thème de la jalousie n'est que le prétexte de rires. La mise en scène de Rodolphe Sand et de Morgane Bontemps, fluide et sans effets inutiles, centre l'attention à bon escient sur les répliques plus que sur les situations, laissant aux comédiens le soin de mitrailler ces traits hilarants qui font mouche aisément. Dans la pure veine du café-théâtre, les approches clownesques de Karine Dubernet et de Sébastien Pierre fonctionnent à merveille. Quant à Lætitia Vercken et Clément Parmentier (ce soir-là), ils donnent dans les amoureux de Peynet au coeur tendre et brisé avec la justesse et la dérision qui conviennent. Tous les quatre, ils jouent et servent le texte avec un humour enthousiaste et un évident plaisir. Du bon boulot plaisant et fougueux. À voir pour le plaisir de rire. Une tranche de bonne rigolade comme dirait Tatie !
# écrit Il y a 3 semaines


Théâtre contemporain: Plus léger que l'air

-Un très joli temps de théâtre.
9/10

Non mais quelle histoire !... Légère aux premiers abords puis prenante et aux rebondissements inattendus. Bienvenue dans le monde de Faila, la vieille dame indigne qui ne s'en laisse pas conter facilement et certainement pas par Santi, ce jeune adolescent qui l'a menacé de vol et se retrouve enfermé dans la salle de bain. Mais enfin, que croyait-il ce nigaud ? Qu'il suffit de dire " Wouh " et Faila se soumet ? Plutôt moins souvent qu'à son tour, nous l'avons vu. Oui mais que faire une fois le larron surpris et placé en lieu sûr par la nonagénaire encore alerte mais qui sent bien que le seuil de sa vie approche ? À part le laisser crier en vain, bien sûr... ? Alors entre le jeune prisonnier et la vieille bourrelle, comme un pacte non-dit se scelle. Entre la fougueuse envie de vivre et le poids épuisant de la solitude, entre la ruse du délit et la délivrance du déni, les jeux s'activent et se troublent. Elle parle pour tenter de se livrer. Lui écoute dans l'espoir de se délivrer. Chez Faila, le fantasme se bouscule à la réalité. La raison sourit à la vérité. La folie, la vie et la mort cuisinent en voisines. Profondément troublée, culpabilisée sans doute, par les événements qui ont marqué son enfance, elle fait défiler ses souvenirs, plus pour les dire que pour les faire entendre à Santi. Puis, conseillère autoproclamée, elle essaye de convaincre son confident involontaire de se construire, après, un avenir convenable et normé, espérant transgresser ainsi et enfin, le redoutable cours du destin. Comment tout cela va-t-il finir ? Le roman de Federico Jeanmaire est publié en France en 2011. Adapté pour le théâtre par Jean Lacornerie et Martine Silber, le texte raconte les dernières folies de Faila, cette adorable vieille dame transformée en geôlière, avec un humour piquant et tendre, l'émotion à fleur de charme. Ce monologue théâtral magnifique livre le secret de l'enfance de ce personnage extraordinaire, haut en couleurs et en sentiments, comme la dernière foulée de sa course épuisante. La mise en scène de Jean Lacornerie centre l'attention sur la puissance de la confidence du personnage. Les effets sonores et musicaux des réactions de Santi, un rien trop appuyés, encombrent le récit et son flux émotionnel, privant le monologue de ses silences suspensifs et des sensations qui s'en dégageraient. La comédienne Élizabeth Macocco est époustouflante. Elle convainc par la truculence et la tendresse qu'elle apporte à la folie de son personnage qu'elle sait nous faire aimer. Une histoire étonnante, une très bonne comédienne, un très joli temps de théâtre.
# écrit Il y a 3 semaines


Comédie: Amants à mi-temps

-Du délire ! Je recommande vivement.
9/10

Du délire !... Ce spectacle est une tuerie de rires dont les ravages se déversent sur la salle comme un feu d'enfer où des diables se relayent pour l'entretenir. Un spectacle étourdissant d'efficacité drolatique, entre Café-Théâtre et Boulevard. Cette pièce est dingue mais pas sotte, ces comédiens sont fous ou très bons. Une des plus belles surprises de comédie de la saison. Comme beaucoup de spectateurs, j'aime rire au théâtre. Rire jaune, glaçant, caustique, cynique, facile, cérébral, visuel et j'en oublie sans doute. Tant que le rire n'est ni gras ni vulgaire et reste toujours digne et partageur, cela me va. Mais là, j'avoue, j'en pleurais de rire. L'argument est dans le titre mais les rebondissements sont dans la pièce. L'adultère est à son comble, Feydeau en sourirait. On ne sait plus qui trompe qui mais là n'est pas le problème. Les ressorts habituels de la comédie farcesque sont bien là sans jamais sombrer dans la vulgarité malgré les situations scabreuses qui ne manquent pas. Les situations se succèdent au rythme des bons mots mitraillés. Ça n'arrête pas. Ça fuse, ça crie, ça s'étonne, ça détonne. Patricia a au moins ces 2 amants. En femme libérée et un rien finaude, elle les a choisis différents et complémentaires, et partage sa semaine en 2 mi-temps d'amants. Bien sûr, un grain de sable fait riper la machine et ils se retrouvent tous les trois, le bec dans l'eau, bien obligés de s'expliquer. Et là tout chavire. Vincent, le beauf, façon café des sports en plus trash, éructe et menace. Christian, le bourgeois, façon prof de fac BCBG un peu coincé, craque, se plaint et invoque les philosophes pour masquer son dépit. Patricia, la belle perfide qui mène ces messieurs comme on mène les vaches à l'étable à l'heure du foin, se retrouve au milieu, compte les points et les distribue. Comment cela finira-t-il ? La mise en scène de Jérôme Paquatte est réglée au cordeau. La mécanique est huilée, rapide et efficace. Le public rit à gorges déployées tellement ça tire dans tous les sens et à boulets rouges. Les comédiens sont brillants. Ils ne nous laissent aucun répit dans les traits, les postures et les réparties. Jérôme Paquatte explose en Vincent le beauf, on craint pour son coeur. Laura Marin incarne une Patricia rusée et émancipée qu'on aimerait bien plaindre et cajoler mais on ne s'y frottera pas. Bertrand Skol joue Christian, l'intello qui découvre la duperie avec une candeur et une drôlerie impeccables. Chapeau les artistes ! Un spectacle de pur plaisir, pour de rire mais pas pour de faux, avec l'assurance de passer un très bon moment. Je recommande vivement.
# écrit Il y a 4 semaines


Théâtre contemporain: Après une si longue nuit

-Un très beau temps de théâtre, à voir et à partager.
9/10

Pierrot, Samir, Sarah et Tékitoi se retrouvent. Il y a longtemps qu'ils ne s'étaient vus tous ensemble. Quels liens les unissent ? Quels passés les relient ? Ils sont assis dans la salle d'attente de l'hôpital où leur mère adoptive vit ses derniers instants. Une salle d'attente comme celle où, jeunes enfants, ils attendaient tous les quatre que Manou et Jean, leur famille d'adoption vienne les chercher. Cette dernière attente ravive la première et déclenche les souvenirs. Ils sont là parce qu'il le fallait, ils sont là pour et après une si longue nuit. La nuit de l'oubli qui recèle les accidents de la vie, les maltraitances de l'enfance. Longue des horreurs enfouies, des traumatismes pansés mais surement pas soignés avec lesquels il faut vivre pour ne pas souffrir encore et toujours. La nuit de leurs retrouvailles bien des années plus tard, où devenus adultes, ils reviennent au chevet de Manou. Nuit des peurs que l'on exorcise et de ses non-dits que l'on crève pour laisser s'échapper le trop-plein de douleurs. Une fraternité conçue dans l'enfance partagée, blottie et réconfortée dans une famille d'adoption semble avoir eu gain de cause sur le naufrage irrémédiable de leurs vies meurtries d'enfants recueillis. Issues de guerres aux croyances d'espoir, de terreurs aux illusions rédemptrices ou d'abandons sitôt la vie donnée, leurs enfances empêchées ont connu une deuxième chance, ils se sont côtoyés puis rencontrés en tissant une indéfectible affection qui ressemble à l'amour. Se retrouver à nouveau et évoquer les joies et les peines de chacun, leurs bagarres enfantines et adolescentes aussi. Rire avec la simplicité de la quiétude enfin trouvée. Se dire des choses nouvelles sur leurs nouvelles vies. Se soutenir encore comme avant et sans doute pour toujours, pour dire leurs plaies à jamais ouvertes, ces blessures invisibles et inconscientes qui se rappellent à eux. Michelle Laurence écrit un texte sensible et prégnant sur le thème de l'enfance rescapée du malheur. Un texte comme une invitation à regarder les autres, les comprendre et les respecter. Les relations dans cette fratrie pas vraiment ordinaire comme les évocations de leurs enfances charrient des brassées d'émotions et de réflexions. Des tableaux posés ici ou là dans l'espace-temps du récit comme des morceaux d'un puzzle font progressivement sens. La mise en scène de Laurent Natrella enrobe ces quatre histoires de vie qui n'en font qu'une, d'une douce tendresse et d'une infinie délicatesse pour laisser aux situations et aux personnages le rythme et le temps qui leur conviennent. Le passé et le présent se juxtaposent avec fluidité. La direction d'acteurs sans doute travaillée au cordeau permet aux sensations de s'imprimer. Les émotions nous gagnent avec une finesse insidieuse d'une redoutable puissance. Les quatre jeunes comédiens sont superbes. Maxime Bailleur, Olivier Doté Doevi, Slimane Kacioui et Élodie Menan utilisent une palette de couleurs variées pour composer et jouer leurs personnages avec un naturel et une sincérité qui nous font oublier l'instant théâtral. Coup de chapeau pour cet impressionnant enthousiasme ! Du bel ouvrage pour cette histoire touchante comme un cri d'espérance et d'amour, porteuse de messages sur la tolérance et la résilience. Un très beau temps de théâtre, à voir et à partager.
# écrit le 20 Juillet


Théâtre contemporain: Traits-d'union

-Un bon moment et un beau texte.
9/10

Cette jolie pièce est un agréable cheminement aux virages surprenants parmi les choix de vie de quatre personnages qui se confrontent à la recherche du succès comme à celle de l'amour. Murielle Magellan s'y prend à merveille pour conter l'amour, le vrai, celui qui plie mais ne rompt pas, comme celui farouche et brulant qui s'impatiente d'exposer sa flamme. Les chants d'amours et de retrouvailles parmi les désirs ardents qui attendent, sont situés dans l'univers de la création littéraire. La description y est habile, sans concession et attachante. Entre le besoin d'écrire et la nécessité commerciale, entre le pouvoir de l'argent et le désir d'art, quelles places et quels compromis ? La mise en scène de Marie-Caroline Morel est vive et alerte. elle sait ressortir la passion des situations et des sentiments de la pièce où le texte prévaut. Les comédiens Jean-Philippe Ancelle (convaincant écrivain établi et amoureux), Emmanuel Gaury (fougueux en artiste débutant et amoureux transi), Lou Lefèvre (admirable de finesse dans son personnage) et Johanne Ricard, jouent avec une sympathique sensibilité et une efficace adresse ces quatre personnages attachants. Un bon moment et un beau texte.
# écrit le 10 Juillet


Spectacle Musical: Anne Baquet

-Une soirée d'été agréable en très bonne compagnie musicale
9/10

Joyeuse et gouleyante fantaisie musicale que " ce récital inclassable pour fins gourmets " ! Pris par le charme fou et drôle de ce spectacle d'une poésie cocasse et naïve, nous savourons ses moments doux et rieurs, pétillants ou nostalgiques. Un répertoire éclectique traversant plusieurs styles musicaux parmi les pièces classiques ou modernes et les chansons contemporaines. Anne Baquet excelle de sa voix magnifique aussi claire que veloutée et passe allègrement de la chanson française au jazz et l'opéra. Rien moins ! Toujours souriante, un rien espiègle et souvent totalement barrée, Anne Baquet chante avec le brio d'une soprano hors pairs. Dotée d'une superbe technique vocale, cette artiste complète est aussi à l'aise dans les jeux de comédie ou la danse. Elle chante et lui joue du piano. Lui, c'est Christophe Henry ce soir-là qui nous a montré de l'excellence aux bouts de ses doigts courant sur le clavier comme un chat dansant ou un tigre ombrageux. Deux virtuoses pour ce récital drôle et plaisant. Une jolie balade en musique où la nostalgie des souvenirs heureux ou mélancoliques côtoie les instants bonheurs, plein de tendresse et de gaité. Un spectacle à voir sans hésiter pour le plaisir d'une soirée d'été agréable en très bonne compagnie musicale.
# écrit le 09 Juillet


Comédie romantique: Un petit jeu sans conséquence

-À retrouver ou à découvrir, pour le texte surtout
7/10

Est-ce qu'en amour c'est comme au jeu, à trop jouer, on perd ? C'est tout le propos de Jean Dell et Gérald Sibleyras qui signent cette pièce, créée en 2003, qui connait un succès immédiat et mérité. Elle raconte avec une vive délectation les aléas des relations sociales et amoureuses de nos contemporains. Sans doute écrit à la serpe, le texte est cinglant et narquois, impitoyable pour les travers des personnages poussés dans leurs retranchements. Une théâtralité comique et fourbe, comme une farce moderne qui dénonce tout en s'amusant. Il faut dire aussi ! Quelle idée de jouer à " je t'aime, moi non plus " et surtout de le dire aux participants du pique-nique champêtre sensé célébrer la vente de la propriété familiale ? Ah ben oui c'est sûr, la rumeur fait son chemin, les masques tombent, le jeu devient cynique et glacial ! Et on en prend pour son grade plus souvent qu'à son tour ! Un couple si uni qui annonce sa séparation, ça fait tache quand même !... Ah cela ne tarde pas, on entend et on apprend tout ! La trahison des amis, l'adultère de l'époux, la lassitude de l'épouse... Et les liens amoureux passent l'épreuve du jeu de la vérité dans ce couple qui semblait si soudé. Un modèle à admirer, jalouser ou piéger. Mais comment donc cela va finir ?... Très adroitement ficelée, cette pièce vaut le détour pour son écriture efficace et redoutablement drôle. Une comédie d'été (c'est une reprise) à retrouver ou à découvrir, pour le texte surtout.
# écrit le 06 Juillet


Comique de situations: Justin prend du spectrum

-Une pièce diaboliquement bienfaisante, une mise en scène percutante et adroite, des comédiens impressionnants et drôles
9/10

Alors comme ça en 2050 nous serions tous les " fashion victim " de la médicalisation du quotidien ? Les fashionistas du médoc journalier ? Les accros sereins et rompus de la prise permanente de produits chimiques qui font rire ou calment, ou encore créent les conditions d'une parlotte aussi impromptue que dénudante ? Comment ça j'exagère !... Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Rémi De Vos. Je vous le jure, j'ai tout vu ! C'était dans sa pièce hier soir, j'y étais ! Après un mois de congés, Monique et Mélanie retrouvent leur vestiaire commun de la maison thermale. Elles chicanent comme d'habitude Justin le barmaid un peu benêt au demeurant, complètement shooté en vérité. Jusqu'à le " remonter " chimiquement et là c'est un drame que je renonce à décrire tant il est terrible et qu'une lecture entraînée ne pourrait adoucir. Mais avant que les choses n'empirent tout à fait, Monique et Mélanie discutent comme chaque matin, autour d'un castor et d'une casquette qu'elles sirotent à coeur ouvert. Elles échangent des conseils et commentent les aléas des effets de ce qu'elles ingurgitent pour être toujours plus jeunes et belles, pour faire reculer le temps des épreuves, celui du bonheur perpétuel qu'elles semblent chercher encore et en choeur. Elles nous font rire pour ne pas hurler de ce qui pourrait advenir si la pente dangereuse de la confiance en la science faisait monter l'espoir illusoire de vivre vieux à n'importe quel prix, même celui-là. Le rire est là. Il fuse follement. Il n'est ni gras ni jaune ni facile, il est salvateur comme une sorte de défouloir bienvenu. La pièce de Rémi De Vos est écrite en 2005 puis enrichie en 2017. Le langage habille les personnages de répliques caustiques et vivaces tellement proches que nous pourrions nous y confondre. Le propos provoque la pensée qui se cache derrière les rires nombreux, trouvant la drôlerie dans les situations et le texte qui abattent les fantasmes, les coupent menu et les présentent comme une réalité dont on ne veut surtout pas rêver. La mise en scène et la scénographie d'Olivier Oudiou nous confrontent à une exposition glaciale et féroce de la pièce et ne prend pas de gants de velours pour nous raconter cette histoire. Ça grince, ça crisse et c'est heureusement hilarant du début à la fin. Le brio des comédien-n-e-s nous cueillent dès la première scène et ne nous lâche pas. Ah ils savent y faire les bougres ! C'est terrible de devoir rire autant pour s'échapper aux fantasques et cruelles conditions de vie de ces personnages qui deviennent au fur et à mesure attachants. Bruno Boulzaguet, Yveline Hamon et Maryse Poulhe s'y prennent à merveille pour nous faire vivre ces moments où le fantastique se mêle à l'horreur ridicule d'une réalité imaginaire mais construite d'un peu de nous-même et de présent. Une pièce diaboliquement bienfaisante, une mise en scène percutante et adroite, des comédiens impressionnants et drôles pour un spectacle surprenant et réussi. À voir sans hésiter.
# écrit le 25 Juin



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